La vie d’auteur : une vie en 2 dimensions

La vie d’auteur : une vie en 2 dimensions

Il y a une chose que vous allez réaliser si vous jasez avec un auteur : ils vivent tous une double vie tels des superhéros qui sont P.D.G. le jour et justiciers la nuit. Pour la plupart d’entre eux, il n’a jamais été possible de gagner assez d’argent pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Dans leur vie s’installe donc un genre de deuxième dimension. Cette dimension divise leur quotidien en deux, une sorte de fissure entre deux univers parallèles.

Tout d’abord, il y a la vie ordinaire que nous connaissons tous. Souvent un horaire de 9 à 5 dans un métier bien défini. Les auteurs les plus dévoués sont parvenus à  rattacher leur carrière professionnelle au monde de l’écriture avec des domaines comme l’enseignement ou le journalisme.

Puis, il y a la seconde dimension qui commence. C’est ce qui rend ces gens si spéciaux. Tous des Batman ou des Spider-Man de la vie moderne si vous voulez mon avis. Après leur journée de 9 à 5, ils commencent leur rituel de fin de soirée ou de fin de semaine : l’écriture bat son plein. C’est donc pour dire qu’ils vivent une double vie.

Et dans cette deuxième dimension, le temps s’écoule à une tout autre vitesse. C’est un endroit où le temps passe plus lentement. Un lieu où l’été, puis encore l’été défile sans que l’auteur ne soit encore satisfait de son texte. Un lieu où il peut se passer 365 jours avant qu’un éditeur arrive à parcourir le premier chapitre précédemment envoyé.  Où l’espoir et le désespoir se côtoient sans arrêt.

Je m’en suis rendu compte pour la première fois quand j’ai répandu autour de moi l’idée que j’avais achevé un manuscrit. Chaque fois que je revoyais les personnes informées, celles-ci me demandaient une date de publication. Au tout début, je leur répondais des choses comme : «Peut-être bientôt! Qui sait?» Et puis, cette réponse est tranquillement devenue : «Tu seras le premier informé lorsque ça viendra.»­ Et puis c’est tout… Le temps s’est figé dans cette dimension pour cedit manuscrit.

Enfin bref, l’important est de continuer la lutte contre l’inertie. Il faut donc que je m’acharne sur un nouveau projet. Après tout, on nous dit toujours que d’attendre après quelque chose ne fait que retarder son arrivée.  Aucune de mes mauvaises nuits, de mes larmes ou de mes plaintes sur ce blogue (désolé tout le monde) ne changera le destin de mes manuscrits. Mais c’est avec la même détermination folle qui m’a poussée à écrire un roman, il y a maintenant 6 ans de cela, qui va me permettre d’en faire un deuxième, puis un troisième. Allons-y avec le tout pour le tout! C’est ainsi que s’écrivent les meilleures histoires.

Chronos, maudit sois-tu!

Chronos, maudit sois-tu!

Permettez-moi de vous faire une petite vidange de sac. Il y a trop longtemps que je me dis : «Ça va aller mieux demain. Tout va s’arranger!» Et puis, finalement, c’est Niet-Nada. Un constat s’impose : j’ignore comment les autres font pour gérer leur temps, mais moi, je n’y arrive tout simplement pas. C’est comme si la vie me prenait tout. Il y a toujours autre chose à faire qu’écrire. Les soirées passent tellement vite, les trajets de métro entassés au sein d’une foule amorphe se succèdent, sans parler des heures de lunch où l’on a envie de tous sauf de se creuser la tête à inventer le prochain best-seller.

D’un autre côté, l’ambition ne manque pas : concours littéraires, projets éditoriales, un poème pour mon chéri, une séance de dédicaces. Sans oublier la dernière lubie: un blogue littéraire pour vous partager mes folies avec l’aide de ma partenaire d’écriture, Withney. Des projets en veux-tu, en v’là! Mais d’où viennent toutes ces idées d’hurluberlus?

C’est-à-dire que, par les temps qui courent,  je me sens comme un spectre perdu dans un autre espace-temps. Hé oui! Je n’ai pas donné signe de vie depuis un bon bout de temps déjà. Toutes mes excuses. Sachez que ce n’est pas de ma faute, mais celle de Chronos, le Dieu du temps. C’est lui qui fait disparaître les poussières de temps où je me consacre à l’écriture. Oui, oui, je vous le jure! Je l’ai même vu une fois à l’oeuvre. Alors que je m’étais décidé à participer à un concours littéraire, j’ai vu les journées passer au galop alors que ma nouvelle, elle, avançait à pas de tortue. Et, alors même que je me donnais un coup de pied digne de ce nom pour remettre à temps le fruit de mon travail, la semaine est arrivée et j’ai complètement délaissé les quelques pages qu’il me restait à rédiger pour me consacrer sur tout le reste. Lorsque j’ai jeté un coup d’œil du côté de mon clavier, il m’est même arrivé de voir Chronos danser sur les touches en riant aux éclats. Maudit sois-tu!

 

« Le marché »

« Le marché »

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Mon univers est grandiose, mais tout en finesse. Un soleil doré caresse de ses rayons les paysans du marché, le pavé gondolé et les fruits mûrs. Des ombres courtes dansent sous les pieds des gens. Le brouhaha est étourdissant. Il y a tant de monde ici. Tant de monde qui fuse de partout et pourtant ne remarque pas qu’on les observe. Moi, je suis à part des autres, en avant-plan. Eux ne forment que l’ambiance générale, mais moi je suis en avant-poste. Je regarde droit devant, d’un air dubitatif, les sourcils crispés et le regard vif.

Des gens nous observent. Ils nous étudient, parfois longuement, parfois distraitement, puis s’en vont. Ils partent sans mot dire. Comme c’est étrange! Au début, je n’y portais pas attention jusqu’à ce que je réalise que d’autres observateurs venaient à leur tour. J’ai commencé à avoir peur. J’ai voulu me cacher et fuir. J’ai même souhaité de passer inaperçu, moi qui suis en avant-plan, mais en vain.

Une fois, j’ai pris mes jambes à mon coup et couru à en perdre haleine. J’ai couru vers la gauche, le visage fouetté par le vent. J’ai couru et couru, puis soudain, j’ai frappé quelque chose de dur. Une barrière. Mais qu’est-ce que ça faisait ici, au beau milieu du marché? Un mur doré rempli d’ornements. Le mur semblait très épais et solide. J’ai paniqué. Les observateurs du moment ont suivi ma course de leurs yeux de géants. Puis, un énorme doigt a tenté de me toucher, mais s’est happé sur quelque chose. Un autre mur. Invisible, cette fois. Je n’y comprenais rien. Jamais je n’ai pensé qu’une paroi transparente me séparait de mes observateurs.

J’ai collé alors ma main sur celle-ci. J’ai frotté sa surface de haut en bas. Elle était rugueuse et pourvue de maintes imperfections. Les observateurs ont reculé, surpris par mon geste. L’homme qui avait touché la paroi a fait tomber ses petites lunettes rondes et se frottait les yeux. Il semblait sous le choc devant moi. Ils faisaient tous très certainement cent fois ma taille, mais semblaient avoir aussi peur que moi.

Je me suis retourné pour constater que les autres paysans du marché n’avaient rien noté d’anormal. Comme chaque jour, ils s’affairaient tous à trouver les meilleures aubaines et à dénicher les fruits avec le moins d’imperfections. Les marchands scandaient toujours à répétition les différents aliments qu’ils proposaient.

Les observateurs se multipliaient au fil de mes pensées. Comment agir? Je me suis levée lentement, les bras crispés l’un sur l’autre. Une acclamation a soudain raisonné. Prise de panique, je me suis précipitée en bas de la colline pour prévenir les paysans, pour chercher de l’aide. Mais ceux-ci se sont figés à mon arrivée. C’était comme si le temps avait suspendu son cours. Le brouhaha s’est éteint. Plus personne ne bougeait. J’ai alors commencé à comprendre.

J’ai compris ce qui se passait, mais ne pouvais le croire. Pour confirmer mes hypothèses, j’ai passé ma main devant les regards inanimés de quelques bonnes gens. Aucune réaction. Mon cœur a commencé à trépider dans ma poitrine. Je me suis mis à circuler sur la place du marché d’une démarche vaseuse, chancelant entre les paysans, tous m’étant inconnus. Pas un seul visage amical à travers cette foule, alors que j’avais passé tant de temps ici, à la place du marché. Cette place qui est en fait le seul endroit où j’ai pour souvenir d’avoir mis les pieds… et ces gens, les seules personnes que j’ai toujours connues, même si c’était sans jamais leur avoir porté attention.

Ma paupière gauche s’est mise à sautiller sur mon œil alors que je m’approchais des allés de poissons frais. Le poissonnier s’est lui aussi arrêté dans son élan. Le couteau en l’air, il s’était préparé à trancher la tête d’un saumon frais. D’une main tremblante, j’ai retiré le couteau de sa main et enfoncé moi-même la lame dans la chair du saumon.

La texture m’a semblé collante et visqueuse. L’odeur chimique a irrité ma gorge. Une mixture noire s’est écoulée du poisson. J’ai eu peine à croire ce que je voyais. Avec le couteau, j’ai entrepris de trancher le kiosque. La même mixture, tout aussi juteuse et épaisse s’est échappée de l’entaille. Cette même odeur insupportable est revenue elle aussi.

Je savais désormais de quoi il s’agissait. Les êtres humains donnent comme nom à ce mélange toxique celui de « peinture ». Ici, tout est fait de peinture. J’ai alors étendu mon bras et l’ai coupé de haut en bas. La même substance, cette fois rosée, s’y échappa. Il n’y avait plus de doute possible.

D’un air ahuri, j’ai levé lentement la tête sur mes observateurs. Des flashes éblouissants m’éclairaient le visage. Des appareils étranges ont craché sur moi des éclats de lumière si éblouissants que je devais me cacher le visage. Les cliquetis incessants se sont interrompus lorsqu’un autre géant vêtu de noir s’est mis entre moi et les observateurs. Son dos rencontra le mur invisible et fit basculer mon monde.

– Les photos sont interdites !

Ils étaient maintenant des dizaines à comprendre qu’on pouvait littéralement voir une toile prendre vie si on l’observe bien attentivement.

«Aliss» de Patrick Senécal

«Aliss» de Patrick Senécal

3.5 Étoiles

AlissCela faisait bien plus de dix années que j’aspirais à lire l’intrigante appropriation du très célèbre roman « Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles » faite par Patrick Senécal. Bien heureuse de ne pas avoir lu ce bouquin avant d’avoir gagné en maturité. C’est peu dire qu’il faut se préparer à cette lecture. Mais peut-on l’être réellement? Il s’agissait pour moi de ma première excursion dans l’univers senécalien et je peux aisément affirmer que j’en ai eu pour mon argent. Très certainement, ce livre décoiffe, il grafigne, nous triture l’intérieur. Ai-je apprécié ma lecture? Je dirais que beaucoup d’aspects non négligeables ont su retenir mon attention. Passons tout d’abord en revue son intrigue principale pour les rares personnes qui n’ont pas encore lu cet incontournable ouvrage des Éditions Alire inc.

Synopsis

C’est au sein d’une toile de fond typiquement montréalaise que le lecteur est catapulté dans un monde rocambolesque, excentrique, saugrenu comme il se doit. Aliss, une adolescente un peu rebelle, y apprendra à ses dépens que la recherche de sensations fortes occasionne parfois des débordements. À vouloir s’aventurer, on finit par s’engouffrer un peu trop loin. Déterminée à gagner son indépendance et, surtout, s’affranchir de ses parents, elle décide un bon matin de laisser tomber sa vie rangée pour s’installer seule à Montréal. Tout comme dans l’histoire originale, Aliss suivra un personange quelque peu déglingué pour finalement atterrir dans une communauté isolée. Cette dernière vit dans un quartier de Montréal accessible uniquement par métro. Aliss s’évertuera à s’y intégrer pour finalement réaliser que tous ses voisins ont quelque chose en commun : une folie déconcertante. La Reine Rouge les mènent tous par le bout du nez et Aliss est prête à tout pour faire sa connaissance.

Les hauts

Au sein d’un même roman, je n’avais jamais retrouvé avant une telle audace face à la mise-en-page et la manipulation des mots et des lettres. Leurs exagérations reflètent parfaitement l’image d’une Aliss enivrée ou bien simplement perdue dans un délire psychédélique. Mais c’est l’utilisation, on ne peut plus judicieuse, des différentes tailles de caractères qui donne à la prise de la fameuse pilule qui fait rapetisser et grandir Aliss qui donne tout son sens à ce véritable jeu littéraire.

… je jette des regards autour de moi… je cherche de l’aide… mais tout le monde a grandi… tout le monde est rendu si grand, si immense […]
— TU AS L’AIR TERRORISÉ, ALISS? Y A UN PROBLÈME?1

Dans un tout autre ordre d’idée, le plaisir de lire une nouvelle version d’une intrigue connue est bien évidemment d’y retrouver les ressemblances, les différences et de voir comment l’auteur s’y est pris pour réinterpréter ce qui a déjà été dit. Avec un plaisir fou, j’ai tenté d’associer les personnages que je rencontrais au cours du récit avec leurs homologues créés par Lewis Carroll. Dans un sens, la réinterprétation de Patrick Senécal demeure dans le réalisme : tous les personnages sont humains… enfin, en apparences. Un professeur de mathématique un peu obscure, des chirurgiens amoureux des jeux de mots douteux, un toxicomane au sourire pénétrant. Tant de mystère à élucider. C’est que la vraisemblance glisse tranquillement dans l’irréel à un point tel qu’on ne s’en rend pas toujours compte.

Les bas

En ce qui a trait au revers de la médaille, j’aimerais préciser encore une fois qu’il s’agit d’un livre pour public averti. Des passages sans détour ont rebutés ma lecture par leurs contenus sans pudeur ou simplement sadiques. On ne s’attend pas toujours à une telle virulence venant d’un roman fantastique. La protagoniste, elle-même plutôt dépravée, est au début surprise par tant de violences et d’abus, mais adhère étonnamment vite à cette nouvelle façon de vivre. De petite écolière modèle, elle va passer à la prostitution et la dépense aux drogues sans trop lutter. Il s’agit d’un univers bien déconnecté du mien, mais j’ai quand même poursuivi ma lecture jusqu’au bout.

Voilà un petit résumé de mes impressions face à ce livre. Peut-être pas un coup de cœur, mais très certainement une exploration fascinante qui m’a mené hors de ma zone de confort. Je recommanderais «Aliss» de Patrick Senécal à ceux qui souhaitent explorer une intrigue différente, à l’extérieur des sentiers battus et remplis de sensations fortes. La maîtrise de l’auteur sur son art vaut le détour et, comme souhaité, il réussit très bien à nous décontenancer, nous surprendre et nous faire craindre le pire pour ses personnages.


1Senécal, Patrick (2000). Aliss. Éditions Alire inc., p.121-122

Un conte par semaine

Un conte par semaine

ddc_logo_NB_200x200Pour ceux qui vivent la déprime du dimanche soir ou simplement pour les rêveurs qui cherchent à être transportés par la seule force des mots à moindre coût, il existe un événement tout désigné. Cet événement, il s’agit des Dimanches du conte présentés par les Productions Diable Vert, et ce, depuis 1998. C’est dans un décor sobre à l’éclairage feutré que la petite scène du Bar Le Jockey offre à ses clients des prestations hautes en couleur pour la modique somme de 10$. S’y succèdent des conteurs de tous les horizons offrant, chacun à leurs façons, un baluchon de récits parfois tirés d’une autre époque, parfois bouillonnant d’actualités. Un rendez-vous à ne pas manquer!

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L’hiver dernier, j’ai assisté à l’une des dernières représentation de la saison 2014-2015. Durant cette soirée du 7 février, la conteuse a su me captiver et, encore aujourd’hui, elle le fait de façon intemporelle. Un résumé bref ne saurait pas rendre justice au monologue, à l’interprétation et la présence scénique de Michelle Cajolet-Couture, la conteuse à l’honneur cette soirée-là. Elle a proposé à son audience un véritable voyage planant d’un bout à l’autre de la gamme des émotions. Tout débute par un cocasse malaise, une plaisanterie qui m’a moi-même dupée, je l’avoue. Le jeu très juste de la conteuse et sa plume assure une expérience mémorable à quiconque. Vous tomberez très certainement sous son charme à condition qu’elle revienne faire son tour pour d’autres prestations lors de la nouvelle saison qui débute très bientôt. Étant donné que le calendrier de programmations ne manque pas de variétés, rares sont les conteurs qui passent plus d’une fois par saison.

À titre indicatif, sachez que les dimanches du contes sont interrompus durant l’été, mais la soirée d’ouverture, à ne pas manquer, aura lieu le 4 septembre 2016.

Encore une fois, plus d’une dizaine de conteurs partageront la scène pour vous livrer un spectacle haut en couleur. Pour plus d’informations, consulter le site officiel ici. Cette date arrive à grand pas et nous aurons sûrement le loisir de nous y rencontrer, car ma fidèle acolyte et moi planifions très certainement assister à ce premier dimanche de la saison.

Et un conte, c’est quoi au juste?

Beaucoup reconnaissent dans le conte une histoire qu’on raconte aux enfants avant l’heure du dodo. « Cendrillon », « Blanche Neige » et « La Chasse Galerie » comptent parmi les plus connus. Mais détrompez-vous, le conte c’est aussi pour les plus grands. Certes, il faut avoir gardé son cœur d’enfant pour pouvoir apprécier les belles choses. Et les paroles d’un conteur sont sans contredit le meilleur moyen d’ajouter un peu de magie à notre quotidien.

Par le conte, on découvre des récits d’aventures imaginaires ou à demi historiques. La beauté de ce genre littéraire est qu’il admet le merveilleux, le fantastique et l’impossible aussi bien que le vraisemblable et le réel. Il peut être teinté de philosophie qui nous transporte jusqu’à des questions métaphysiques ou bien incarner la satire d’une critique virulente de l’actualité. Voilà ce qu’est un conte.

Écrire un conte

Vous voulez apprendre comment écrire un conte? Ah! Ça mes amis, c’est la grande question. Je ne suis moi-même pas une experte en la matière, mais j’ai toujours apprécié le style. À la fois léger et poétique, il s’écrit avec une certaine intemporalité. Le fameux « Il était une foi » démontre un passé lointain, étranger. C’est la sensibilité du conte qui nous touche droit au cœur. Toutes les thématiques peuvent être exploitées. On peut parler de suicide avec une légèreté impressionnante comme a su si bien le faire Michelle Cojolet-Couture.

Papa n’est pas mort, il s’est transformé en cerf juste avant la fin.

Et puis, n’est-il pas vrai que les écharpes sont toujours plus belles tissées avec des aiguilles de glace? Moi je suis convaincue que oui.