Les livres audio

Les livres audio

audiobookUn accident est si vite arrivé…

En pleine quête du bonheur, je naviguais sur la rivière en patin.  L’air était froid et inodore. Le paysage… Wow… pittoresque. Je me sentais légère… Si légère que la première imperfection sur la glace m’a projetée tête première sur le sol. Quel impact! C’était violent, mais il n’y avait pas de sang. Mon copain, affolé. Et je tentais tant bien que mal de me convaincre que tout allait bien… mais la journée suivante, j’ai bien vu que ça n’allait pas. L’incapacité de me concentrer au boulot, un mal de cœur persistant et cette envie irrésistible de dormir sans arrêt m’ont amené doucement à l’urgence.

En fait, c’est plus mon copain qui a assuré le transport, mais vous comprenez ce que je veux dire.  Traumatisme crânien modéré, qu’a déclaré la gentille médecin. Avec toute la lenteur du monde, je me suis enquis rapidement: « Super, alors, on a un plan? » Elle m’a répondu, comme si c’était écrit dans ma face que j’aimais les bouquins :

« Reposez-vous. Et ne pensez même pas vous engager dans la lecture d’un livre! »

Mais si ce qui me repose, c’est la lecture? J’ai bien compris que mon cerveau n’était pas du tout d’accord avec moi là-dessus. Cinq minutes de lecture et un mal de cœur combiné à un mal de tête féroce me prenait violemment.

Deux journées complètes d’ennui total. Incapable de regarder un écran ou d’ouvrir les yeux trop longtemps…

Et puis ensuite, j’ai découvert les livres audio!

Je me suis fait faire la lecture d’un bouquin. Les yeux fermés, je me suis laissée emportée dans un autre monde, celui du livre Les sangs d’Audrée Wilhelmy. En quelques heures par contre, c’était terminé. Mais je venais de découvrir ce qui pourrait me divertir pour les jours à venir : les livres audio.

On n’y pense pas, mais quand on ne peut ni lire ni écrire et qu’il s’agit de nos deux passe-temps favoris, les journées peuvent être excessivement longues quand on est dans l’incapacité d’en profiter.

Où s’en procurer?

Vous pourrez trouver plusieurs livres audio sur le site Première Plus de Radio-Canada en cliquant ici. C’est totalement gratuit!

Il y en a également plusieurs à la BANQ (Bibliothèques et Archives Nationales du Québec). Je vous invite à aller sur place. Vous pourrez vous asseoir bien confortablement et vous laisser bercer par la voix d’un narrateur.

Des petits conseils

Choisir son narrateur / sa narratrice

Je vous invite également avant de louer un livre audio ou de vous aventurer trop loin dans l’écoute de ce dernier, de prendre le temps de savoir si les narrateurs vous plaisent. Je pense qu’il y en a pour tous les goûts. Un excellent livre peut nous paraître mauvais si on s’aventure dans l’histoire avec une narration qui ne nous plaît pas. Soyez alors vigilants!

Récompenser l’auteur-e

Même si on n’achète rarement l’écoute des livres audio et qu’ils sont gratuits, ils ont quand même été écrit par des humains comme vous et moi qui ont consacré des centaines d’heures à leur rédaction. Ainsi, si vous avez adoré les livres que vous avez écoutés, je vous suggère de les acheter, question de payer l’auteur-e pour son oeuvre et pour le bon temps que vous avez passé.

Choisir le moment et l’endroit

Vous pouvez très bien écouter un livre audio en vous rendant au travail ou bien en lavant la vaisselle. Cela vous permettra de découvrir plus d’auteurs et d’œuvres malgré votre rythme de vie effréné. Je vous suggère toutefois, si cela vous est possible, d’en profiter une fois de temps en temps, dans un divan bien confortable, les yeux fermés, en sirotant un breuvage chaud. C’est encore plus plaisant!

Bonne écoute !

J’espère que ma découverte vous incitera à vous aventurer dans ce monde encore peu exploité des livres audio. Bonne aventure!

Les haïkus québécois!

Les haïkus québécois!

« Un ballon rouge vole

S’amourachant des nuages

Un soldat pleure seul »

(Ma tentative bien humble de création d’un haïku)
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Crédit: Masato Mukoyama

J’ai toujours adoré cette forme de poésie, mais je ne connais pas suffisamment la langue nippone pour déchiffrer les haïkus japonais. C’est alors avec grand intérêt que j’ai découvert que des auteurs québécois s’étaient réappropriés les haïkus! Selon ma compréhension et mes recherches, le haïku québécois incarne les mêmes valeurs que le haïku japonais, mais il s’adapte à notre culture, à notre forme syntaxique et à notre écriture. On pourra alors voir un juron ou des mots peu commun pour le reste de la planète s’y incruster une fois de temps à autre (patente, enfarger, mémérage, menterie, etc.). Comme dans toutes choses, il faut se garder de stéréotyper le haïku québécois! On ne répétera jamais suffisamment que les Québécois ne sont pas tous des bûcherons qui parlent mal, portant des chapeaux de fourrure de castor et des chemises à carreaux, dont l’unique source d’énergie est le sirop d’érable.

La base du haïku québécois

Le haïku se compose en trois vers qui ne riment pas, celui au centre du haïku étant plus long que les deux autres. Certains diront qu’il doit absolument comporter 17 syllabes (5 syllabes pour le premier et le dernier et 7 syllabes pour celui du centre), mais cette règle n’est pas universelle auprès de tous les auteurs.

Le haïku doit prendre une photo d’un instant présent. Il ne devrait pas raconter une histoire qui se déroule sur plusieurs jours ou années. Il doit être une image du « ici et maintenant ». Ainsi, cette tentative de haïku de ma part ne fonctionne pas: Le cœur déchiré / Tricot requis sous la pluie /Le cœur réparé. Ce poème court parle d’un processus de guérison à long terme et ne se contente donc pas de prendre une image. Il s’agit d’une règle qui est parfois brisée. Au niveau terminologique, nous dirons alors qu’il s’agit plutôt d’un poème court que d’un haïku.

Le haïku doit mobiliser au moins un des cinq sens. Dans celui que j’ai créé plus haut, on retrouve le sens de la vue (on voit le ballon s’éloigner) et le sens du toucher (la larme qui coule sur la joue du soldat).

Le haïku traditionnel sollicite constamment la nature dans un des vers, tandis que pour le haïku québécois, cela n’est pas nécessaire. Certains auteurs affirment que le terme « nature » peut être vu au sens large et qu’il peut parler tant de la nature au sens conventionnel que de la « nature humaine » (Francine Chicoine, 2008, Carpe Diem – anthologie canadienne du haïku). J’ai tenté de respecter le haïku traditionnel en évoquant les nuages dans mon exemple ci-haut.

Le haïku a pour but de nous faire ressentir une émotion, bien plus que de nous faire réfléchir. Un haïku peut avoir plusieurs niveaux de compréhension. Dans l’exemple ci-haut, on peut interpréter qu’un soldat a bel et bien perdu son ballon ou bien que le ballon symbolise le début de la guerre. Dans tous les cas, l’émotion recherchée est la déception ou l’injustice.

Des auteurs québécois

Il existe plusieurs auteurs Québécois qui pratiquent le haïku! En voici quelques uns à découvrir! Cliquez sur leurs noms pour aller voir leur site web:

Jeanne Pinchaud

dans la chambre
le thé aussi chaud que ta peau -
il commence à neiger

André Duhaime

sur les vitres
des traces de nez et de doigts
regardent la pluie

Micheline Beaudry

avec sa canne
il souffre sa mort
debout

Francine Chicoine

Dos à dos
le vieux couple s’endort
pieds enlacés

Hélène Leclerc

une usine
au bord du fleuve
fabrique des nuages

Attention!

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Crédit: Simon Laroche

Le haïku québécois est une forme de poésie distincte du haïku japonais. Nous n’utilisons pas les
Kanjis, qui sont les caractères d’écritures japonais, nous n’avons pas du tout la même sonorité au niveau de la langue, sans oublier que les phrases ne se construisent pas de la même façon, le verbe se retrouvant généralement à la fin de la phrase dans la culture nippone. Il est donc réellement difficile de comparer ces deux styles d’écriture. On peut toutefois affirmer sans se tromper que le Japon est le pays fondateur de cet art que nous avons transformé et adapté à notre culture. J’espère que cet article vous incitera à faire de belles découvertes culturelles!

Bonne lecture!

Un conte par semaine

Un conte par semaine

ddc_logo_NB_200x200Pour ceux qui vivent la déprime du dimanche soir ou simplement pour les rêveurs qui cherchent à être transportés par la seule force des mots à moindre coût, il existe un événement tout désigné. Cet événement, il s’agit des Dimanches du conte présentés par les Productions Diable Vert, et ce, depuis 1998. C’est dans un décor sobre à l’éclairage feutré que la petite scène du Bar Le Jockey offre à ses clients des prestations hautes en couleur pour la modique somme de 10$. S’y succèdent des conteurs de tous les horizons offrant, chacun à leurs façons, un baluchon de récits parfois tirés d’une autre époque, parfois bouillonnant d’actualités. Un rendez-vous à ne pas manquer!

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L’hiver dernier, j’ai assisté à l’une des dernières représentation de la saison 2014-2015. Durant cette soirée du 7 février, la conteuse a su me captiver et, encore aujourd’hui, elle le fait de façon intemporelle. Un résumé bref ne saurait pas rendre justice au monologue, à l’interprétation et la présence scénique de Michelle Cajolet-Couture, la conteuse à l’honneur cette soirée-là. Elle a proposé à son audience un véritable voyage planant d’un bout à l’autre de la gamme des émotions. Tout débute par un cocasse malaise, une plaisanterie qui m’a moi-même dupée, je l’avoue. Le jeu très juste de la conteuse et sa plume assure une expérience mémorable à quiconque. Vous tomberez très certainement sous son charme à condition qu’elle revienne faire son tour pour d’autres prestations lors de la nouvelle saison qui débute très bientôt. Étant donné que le calendrier de programmations ne manque pas de variétés, rares sont les conteurs qui passent plus d’une fois par saison.

À titre indicatif, sachez que les dimanches du contes sont interrompus durant l’été, mais la soirée d’ouverture, à ne pas manquer, aura lieu le 4 septembre 2016.

Encore une fois, plus d’une dizaine de conteurs partageront la scène pour vous livrer un spectacle haut en couleur. Pour plus d’informations, consulter le site officiel ici. Cette date arrive à grand pas et nous aurons sûrement le loisir de nous y rencontrer, car ma fidèle acolyte et moi planifions très certainement assister à ce premier dimanche de la saison.

Et un conte, c’est quoi au juste?

Beaucoup reconnaissent dans le conte une histoire qu’on raconte aux enfants avant l’heure du dodo. « Cendrillon », « Blanche Neige » et « La Chasse Galerie » comptent parmi les plus connus. Mais détrompez-vous, le conte c’est aussi pour les plus grands. Certes, il faut avoir gardé son cœur d’enfant pour pouvoir apprécier les belles choses. Et les paroles d’un conteur sont sans contredit le meilleur moyen d’ajouter un peu de magie à notre quotidien.

Par le conte, on découvre des récits d’aventures imaginaires ou à demi historiques. La beauté de ce genre littéraire est qu’il admet le merveilleux, le fantastique et l’impossible aussi bien que le vraisemblable et le réel. Il peut être teinté de philosophie qui nous transporte jusqu’à des questions métaphysiques ou bien incarner la satire d’une critique virulente de l’actualité. Voilà ce qu’est un conte.

Écrire un conte

Vous voulez apprendre comment écrire un conte? Ah! Ça mes amis, c’est la grande question. Je ne suis moi-même pas une experte en la matière, mais j’ai toujours apprécié le style. À la fois léger et poétique, il s’écrit avec une certaine intemporalité. Le fameux « Il était une foi » démontre un passé lointain, étranger. C’est la sensibilité du conte qui nous touche droit au cœur. Toutes les thématiques peuvent être exploitées. On peut parler de suicide avec une légèreté impressionnante comme a su si bien le faire Michelle Cojolet-Couture.

Papa n’est pas mort, il s’est transformé en cerf juste avant la fin.

Et puis, n’est-il pas vrai que les écharpes sont toujours plus belles tissées avec des aiguilles de glace? Moi je suis convaincue que oui.

Filles de joual : le plaisir de lire et d’écrire au Québec

Filles de joual : le plaisir de lire et d’écrire au Québec

Bonjour à tous et à toutes !

Nous sommes extatiques de vous présenter notre modeste blog littéraire avec une touche d’humour! Nous sommes deux québécoises mordues d’écriture depuis plusieurs années. Nous ne sommes pas des écrivaines de renom, mais nous avons envie de partager cette passion avec vous.

Vous aurez plusieurs rôles en tant que lecteurs. Entre autre, vous serez les témoins de nos larmes de peine et de joie qui viennent avec la pratique de l’écriture (faire sa place). Parfois, vous aurez le rôle de confident et sur vos épaules, on se videra le cœur sur toutes sortes de sujets (le défouloir).  Une fois de temps en temps,  vous serez les dégustateurs de nos textes parfois journalistiques, parfois fictifs (journaliste d’un soir, la p’tite vite).

Nous espérons que ces rôles vous plairont et que vous serez nombreux à commenter nos articles.

Au plaisir !

Stéphanie Sylvain & Withney St-Onge