Chronos, maudit sois-tu!

Chronos, maudit sois-tu!

Permettez-moi de vous faire une petite vidange de sac. Il y a trop longtemps que je me dis : «Ça va aller mieux demain. Tout va s’arranger!» Et puis, finalement, c’est Niet-Nada. Un constat s’impose : j’ignore comment les autres font pour gérer leur temps, mais moi, je n’y arrive tout simplement pas. C’est comme si la vie me prenait tout. Il y a toujours autre chose à faire qu’écrire. Les soirées passent tellement vite, les trajets de métro entassés au sein d’une foule amorphe se succèdent, sans parler des heures de lunch où l’on a envie de tous sauf de se creuser la tête à inventer le prochain best-seller.

D’un autre côté, l’ambition ne manque pas : concours littéraires, projets éditoriales, un poème pour mon chéri, une séance de dédicaces. Sans oublier la dernière lubie: un blogue littéraire pour vous partager mes folies avec l’aide de ma partenaire d’écriture, Withney. Des projets en veux-tu, en v’là! Mais d’où viennent toutes ces idées d’hurluberlus?

C’est-à-dire que, par les temps qui courent,  je me sens comme un spectre perdu dans un autre espace-temps. Hé oui! Je n’ai pas donné signe de vie depuis un bon bout de temps déjà. Toutes mes excuses. Sachez que ce n’est pas de ma faute, mais celle de Chronos, le Dieu du temps. C’est lui qui fait disparaître les poussières de temps où je me consacre à l’écriture. Oui, oui, je vous le jure! Je l’ai même vu une fois à l’oeuvre. Alors que je m’étais décidé à participer à un concours littéraire, j’ai vu les journées passer au galop alors que ma nouvelle, elle, avançait à pas de tortue. Et, alors même que je me donnais un coup de pied digne de ce nom pour remettre à temps le fruit de mon travail, la semaine est arrivée et j’ai complètement délaissé les quelques pages qu’il me restait à rédiger pour me consacrer sur tout le reste. Lorsque j’ai jeté un coup d’œil du côté de mon clavier, il m’est même arrivé de voir Chronos danser sur les touches en riant aux éclats. Maudit sois-tu!

 

Résolutions littéraires de 2017

Résolutions littéraires de 2017

Bonne année 2017 à tous les lecteurs et à toutes les lectrices de ce blogue!

Voici nos résolutions littéraires pour 2017, qui pourront peut-être vous donner des idées d’activités littéraires à faire seul ou en famille.

Pour 2017, nous prenons la résolution… :

belleetlabeteNous vous partagerons notre cheminement par le biais de ce blogue. En espérant que cela vous donne également envie d’explorer un peu plus la littérature québécoise en 2017, Filles de joual vous souhaite une année remplie de folies et de bons romans.

Cordialement,

Stéphanie Sylvain & Withney St-Onge

Processus de création littéraire – La préparation

Processus de création littéraire – La préparation

Douze heures de travail physique dans le corps, il cogne à la porte de sa maison, sachant que sa douce moitié s’y trouve. Aucune réponse. Cela arrive. «Elle peut être absorbée par un livre ou bien en train de jouer à des jeux vidéo». D’un geste las, il débarre la porte. Constatant le fouillis, il s’enquiert: «Withney… ça va? Qu’est-ce qui se passe?» 

Il se passe que j’étais en train de créer une histoire! Je n’écrivais pas ladite histoire, mais je préparais toutes les composantes de son univers.

Il est connu que certains auteurs parviennent avec une simple idée générale, un concept plus ou moins précis, à écrire directement leur premier jet. De mon côté, j’ai expérimenté ce processus de création à quelques reprises et j’ai remarqué que certaines sphères de l’histoire s’avéraient déficientes. Il me fallait donc retravailler le projet d’écriture à chaque fois que je constatais qu’une sphère méritait plus d’approfondissement et au final, ça pouvait quand même donner quelque chose de bien. Je pense qu’en s’organisant, on prévient un peu que le récit ne devienne un capharnaüm1. Il s’agit bien entendu d’un avis personnel; certaines personnes n’arrivant tout simplement pas à cogiter une histoire sans la coucher directement sur papier. Bien entendu, avant toute chose, il faut être inspiré.

Pour vous donner des idées, en cliquant ici, vous retrouverez un article qui explore certaines sources d’inspiration.

Une fois inspiré, on s’organise!

Brouillon / Brainstorming

img_20160930_123406110_hdr1Le brainstorming peut prendre plusieurs formes! Même si je n’en ai peut-être pas l’air puisque je suis une personne très organisée et terre-à-terre, ce sont les couleurs et les dessins qui me permettent de mieux «évacuer» mes idées sur papier (voir photo). Bien que l’ordinateur soit un média plus traditionnel et efficace, je le trouve personnellement froid et sans âme! Sur plusieurs feuilles, je dessine et j’écris mes idées avec différents codes de couleurs. Toutes ces idées s’organisent par thèmes. On y retrouve, entre autres, les points suivants:

  • Type narratif : qui raconte l’histoire? Y-a-t-il une façon d’innover, de rendre le récit original au niveau de la forme? Dans Les Gokans – La beauté dans l’obscurité, un roman de ma collègue blogueuse Stéphanie Sylvain, le récit est raconté par un protagoniste de la culture nippone, qui est, de surcroît, un homme aveugle! Il s’agit là d’un défi de taille, mais également d’une idée plutôt originale que je n’ai vu nulle part ailleurs! Je tente toujours, lorsque faire se peut, de trouver un concept narratif qui se distingue.
  • Personnages: qui sont-ils?  (qualités, défauts, historique personnel, relations interpersonnelles, identité, âge, genre, description physique, buts et motivations). Même si toutes ces informations ne se retrouveront pas telles quelles dans le récit, cela m’aide à animer le personnage dans ses propos et dans ses actions.
  • Genre littéraire: quel style d’intrigue je veux exploiter? Science-fiction, fantastique, fiction simple. Axé sur le gore ou bien sur l’amour, par exemple? Répondre à cette question fort simple m’aide à donner un alignement général à l’histoire.
  • Règles ou concepts de l’univers: surtout si on sort de la fiction simple, si l’histoire se déroule dans un univers fantastique ou de science-fiction, quels sont les principes qui dictent cet univers? Selon moi, il faut s’assurer que tout collera ensemble et que tout sera cohérent.
  • Élément déclencheur: qu’est-ce qui fait que tout bascule et qui amène les protagonistes à être dans l’action?
  • Péripéties générales: quelles seront les actions clés de l’histoire?
  • Chapitres (optionnel): organiser chaque chapitre avec ses péripéties peut être une bonne façon de structurer l’histoire.

Ce processus, je le fais surtout lorsqu’il s’agit d’un long projet d’écriture. Lorsqu’il s’agit d’une brève, je passe souvent directement à l’étape suivante ou bien je commence ma réflexion de cette façon, mais je ne réponds pas nécessairement à tous les critères énumérés ci-haut avant de structurer ma pensée à l’aide de schémas (point suivant).

Organisation hiérarchique par ordinateur

 

capture-decran-2016-09-30-16-10-00Eh oui! L’ordinateur, c’est froid et ça manque peut-être un peu de magie, mais je ne rejette pas la technologie au point d’écrire sur papier la totalité de l’histoire. De plus, ce «brouillon, brainstorming» devient un peu chaotique, puisque j’y mélange les couleurs, les images et que cela se fait sur plusieurs feuilles. Après avoir laissé aller ma fibre artistique, j’aime bien réorganiser les informations recueillies dans ce brainstorming à l’aide d’un fichier Word. Ce processus de hiérarchisation peut aussi se faire à l’aide de différents logiciels. Vous devinerez qu’on ne peut pas rentrer toutes les informations dans une page 8 1/2 par 11. Il faut alors changer le format pour y contenir le plus d’informations possibles. Il est possible de faire un schéma pour chaque section verte. Dans tous les cas, l’information sera hiérarchisée de façon beaucoup plus claire. S’il s’agit d’un long projet d’écriture, je cours ensuite imprimer le tout et je l’affiche sur un mur en face du bureau où j’écris. S’il s’agit d’une brève ou d’une nouvelle, je garde le Word ouvert tout simplement lorsque j’écris. Cela me permet de me rappeler des grandes lignes importantes et de ne pas dériver au cours de l’histoire. Des ajustements peuvent toutefois être faits en cours d’écriture, mais ils doivent toujours être pertinents, réfléchis et contribuer à l’avancement de l’histoire!

Et après?

Après, on peut commencer à écrire une  ligne à la fois! Un futur article sur le processus de création littéraire expliquera mon procédé de rédaction et de révision. Car, bien que cela semble simple, une fois les idées en place, écrire n’est pas toujours tâche facile et la révision, quant à elle, s’avère toujours ardue et parfois même infinie!

J’espère que vous avez apprécié cet article et pour conclure, je vous lance une question:

«Et vous, comment procédez-vous pour organiser vos idées?»


1. Capharnaüm: un mot très fancy pour dire fouillis. C’est devenu un de mes mots préférés; non pas parce que ça sonne distingué, mais parce que je ne connais aucun autre mot qui ait une sonorité similaire!