Cordiale invitation au lancement du livre Portrait de Montréal

Cordiale invitation au lancement du livre Portrait de Montréal

Portrait-de-montréal

Nous serons présentes au lancement du Livre Portraits de/of Montréal​ ce samedi, 20 mai 2017. Par le fait même, nous vous y invitons et espérons fortement que vous serez des nôtres!

Voici un descriptif de Portraits de Montréal, tiré de leur page Facebook :

« Inspirés par le travail du photographe New-Yorkais Brandon Stanton, nous arpentons les rues de notre ville, à la rencontre des Montréalais et de leurs histoires. Plus encore que la photo, c’est la conversation qui nous intéresse : nous souhaitons établir une relation humaine entre les individus – que notre société nous a formé à appeler « étrangers » – en écoutant leurs histoires, et en permettant aux autres de les découvrir! »

Ce sera donc l’occasion de se procurer un exemplaire physique de cette expérience sociale plutôt intéressante!

Ayant habitée en campagne, à Montréal et maintenant en banlieue de la banlieue, en Montérégie, je remarque que les mœurs sont bien différentes. Ici, à Beauharnois, on se salut quand on se croise dans la rue. Quand on ne connaît pas la personne directement, on hoche la tête, comme pour dire « je t’ai vu et je te souhaite une belle journée, humain ». Tout le monde connaît l’histoire de tout le monde, ou presque. Certains citoyens ont même des surnoms et les coiffeuses et coiffeurs connaissent tous les potins.

À Montréal, je ne connaissais que rarement le nom de mes voisins, parce que c’est comme ça. Ce sera donc un livre québécois à se procurer pour en connaître davantage sur l’histoire des Montréalais qu’on croise et qu’on ne salut que peu souvent, par peur de briser une norme sociale non-écrite!

Il reste quelques billets, si vous avez envie de venir! C’est gratuit, mais il faut quand même réserver. Cliquez ici pour réserver!

Si vous ne pouvez pas venir et si le projet vous intéresse, nous vous invitons à suivre la page Facebook en cliquant ici.

Le livre est également disponible en librairie.

Au lancement, il y aura toutefois possibilité de rencontrer auteur, photographe, Montréalais, participants. Une expérience sociale mystérieuse nous sera également proposée et il y aura des petites bouchées =).

Bien hâte de vous y voir!

À samedi!

La vie d’auteur : une vie en 2 dimensions

La vie d’auteur : une vie en 2 dimensions

Il y a une chose que vous allez réaliser si vous jasez avec un auteur : ils vivent tous une double vie tels des superhéros qui sont P.D.G. le jour et justiciers la nuit. Pour la plupart d’entre eux, il n’a jamais été possible de gagner assez d’argent pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Dans leur vie s’installe donc un genre de deuxième dimension. Cette dimension divise leur quotidien en deux, une sorte de fissure entre deux univers parallèles.

Tout d’abord, il y a la vie ordinaire que nous connaissons tous. Souvent un horaire de 9 à 5 dans un métier bien défini. Les auteurs les plus dévoués sont parvenus à  rattacher leur carrière professionnelle au monde de l’écriture avec des domaines comme l’enseignement ou le journalisme.

Puis, il y a la seconde dimension qui commence. C’est ce qui rend ces gens si spéciaux. Tous des Batman ou des Spider-Man de la vie moderne si vous voulez mon avis. Après leur journée de 9 à 5, ils commencent leur rituel de fin de soirée ou de fin de semaine : l’écriture bat son plein. C’est donc pour dire qu’ils vivent une double vie.

Et dans cette deuxième dimension, le temps s’écoule à une tout autre vitesse. C’est un endroit où le temps passe plus lentement. Un lieu où l’été, puis encore l’été défile sans que l’auteur ne soit encore satisfait de son texte. Un lieu où il peut se passer 365 jours avant qu’un éditeur arrive à parcourir le premier chapitre précédemment envoyé.  Où l’espoir et le désespoir se côtoient sans arrêt.

Je m’en suis rendu compte pour la première fois quand j’ai répandu autour de moi l’idée que j’avais achevé un manuscrit. Chaque fois que je revoyais les personnes informées, celles-ci me demandaient une date de publication. Au tout début, je leur répondais des choses comme : «Peut-être bientôt! Qui sait?» Et puis, cette réponse est tranquillement devenue : «Tu seras le premier informé lorsque ça viendra.»­ Et puis c’est tout… Le temps s’est figé dans cette dimension pour cedit manuscrit.

Enfin bref, l’important est de continuer la lutte contre l’inertie. Il faut donc que je m’acharne sur un nouveau projet. Après tout, on nous dit toujours que d’attendre après quelque chose ne fait que retarder son arrivée.  Aucune de mes mauvaises nuits, de mes larmes ou de mes plaintes sur ce blogue (désolé tout le monde) ne changera le destin de mes manuscrits. Mais c’est avec la même détermination folle qui m’a poussée à écrire un roman, il y a maintenant 6 ans de cela, qui va me permettre d’en faire un deuxième, puis un troisième. Allons-y avec le tout pour le tout! C’est ainsi que s’écrivent les meilleures histoires.

Six mois ou quinze minutes

Six mois ou quinze minutes

Vendredi soir, 19h05. Deux amies écrivaines qui ont trop mangé, un divan excessivement confortable, un manuscrit plutôt marginal et l’absence d’alcool pour noyer leurs peines : le pronostic est sombre, mais le duo est tout de même optimiste.

« Ça ne sera jamais parfait. Il y aura toujours des fautes. C’est comme les bas qui disparaissent dans la sécheuse: on les trouvera probablement jamais. Faut lâcher prise un moment donné. Maudit qu’on est pas bonnes là-dedans toé pi moé

On a lu.
On a relu.
On a ajouté des concepts.
On a re-relu.
On a fait lire.
On a eu des commentaires.
On a écouté nos lecteurs.
On a ajouté, enlevé, modifié.
On a re-re-relu.
On a corrigé.
Recorrigé.
Re-recorrigé.
On a fait lire.
1

Y’est temps en maudit.

Sur cette pensée philosophique remplie de sagesse, on s’organise un Googledoc où on fait une liste des maisons d’éditions potentielles qui pourraient éditer le manuscrit qu’on a à offrir. À offrir, rien de moins! Il faut tout de même avoir un peu confiance. Il suffit de trouver la maison d’édition qui s’arrime bien à notre projet et qui aura le marché, la disponibilité et le courage de le publier. Alors on fait un beau tableau à colonne, on classe les éditions, on détermine qui se chargera de quel envoi.

Dans ledit Googledoc, pour se préparer à une éventuelle finalité, on crée une page avec les titres « Acceptation » et « Refus ». Avec une naïveté optimiste et sans trop grand sérieux, j’inscris sous « Acceptation » : Y’en aura plein ! Et sous « Refus » : Ça n’arrivera pas voyons!

Tandis qu’on est côte à côte, autant en profiter. On choisit une maison d’édition en laquelle on a espoir. Nos regards s’illuminent, comme ceux de Scrat lorsqu’il arrive à mettre les yeux sur une noix exquise, celle qui saura étancher sa faim et son insécurité émotionnelle constante2 .  On prend un bon moment ensemble pour aiguiller notre lettre de présentation, étudier l’édition et s’assurer que nous avons fait le bon choix.

Pas besoin d’imprimer, la chance est avec nous 3 : l’éditeur accepte les manuscrits par courriel.

On écrit un courriel.
On joint la lettre.
On regarde si on a joint la lettre.
On reconfirme qu’il s’agit de la bonne pièce.
On relit pour s’assurer qu’il n’y a pas de fautes.
On re-relit.
On re-regarde la pièce jointe.
On corrige.
Nos cœur battent fort.
Boom boom boom.
Boom boom.
Boom.
On se dit qu’on devrait appuyer sur « Envoyer »
Une goutte de sueur perle sur mon front.
On re-re-relit.
(…)
Boom boom boom.
Boom boom.
BOOM.
Envoyé.

22h15. C’est faite. On aura la réponse dans six mois si on est chanceuses. Un an si on l’est moins. Il faut accepter cette réalité là quand on envoie nos romans. Les maisons d’édition ont tellement d’ouvrage et travaille tellement avec assiduité et acharnement pour répondre à tout le monde. On chiale même pas là-dessus. On le sait. On vit avec.

Le manuscrit est envoyé. On a une baisse d’énergie… On regarde notre écran avec fascination. 6 ans d’ouvrage. Envoyé. Bon, on peut rationaliser. Il y a eu des pauses de six mois, même d’un an. Mais quand même,… 6 ans de travail en un seul clic.

22h30. Un son en 8-bit de la monnaie dans la série de jeux Mario Bros. résonne dans nos oreilles. Un courriel. On regarde. Mais… mais… contre toute attente à cette heure tardive, c’est l’éditeur!

« C’est sûrement une réponse automatisée Stéphanie, faut pas trop s’en faire», dis-je avec peur dans l’instant que l’ordinateur et les internets 4 prennent pour charger la page.

Refusé.

On se regarde. Je dirais même qu’on s’étudie du regard. Doit-on en rire ou en pleurer? Nous éclaboussons de rire. Quelle déception, mais quelle situation farfelue!

«Peut-être que cet éditeur a décidé qu’il nous fallait une anecdote à raconter», se dit-on.

On modifie tout bêtement le Googledoc pour inscrire sous «Refus» le nom de ladite édition, avec un petit mot d’encouragement «Ouin, ça peut arriver, on lâche pas».

Nous n’en voulons aucunement à cet éditeur qui savait pertinemment quel type de roman il cherchait à ce moment-là. Et sans aucun doute, il ne s’agissait pas du nôtre.



1. Tentez de continuer la série à l’aide du théorème de Euler, si cela fait du sens pour vous. Ou si cela fait du sens tout court.
2. Mettez en commentaire votre analyse psychologique concernant les besoins que Scrat tente de combler par son obsession alimentaire, si cela fait du sens pour vous. Ou si cela fait du sens tout court.
3. À ne pas confondre avec la Force.
4. Source : une matante Manon de quelque part dans le monde.